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Les préparatifs

p1030521La décision de partir est prise, la date du départ est fixée… il ne reste plus qu’à faire en sorte que tout ce rêve se concrétise et à se lancer dans les préparatifs. Préparatifs qui finalement, font déjà partie du voyage !

Alors en vrac, un avant-goût de nos occupations de ces derniers mois…

Après avoir décidé que nous partirions sur un engin à pédales, à la force de nos cuisses et de nos mollets, restait à choisir le modèle de vélo. Les cyclo-voyageurs sont nombreux aujourd’hui, bonne nouvelle, et l’offre est grande. Après quelques semaines de réflexion, hésitations et plusieurs essais, nous optons pour un tandem. Oui, mais démontable. Si l’encombrement d’un tandem classique (pour pouvoir le charger à bord de trains, bateaux, avions, etc.) nous refroidissait quelque peu, l’option du tandem démontable, que nous avons découverte un peu par hasard, nous a séduits. Tant qu’à faire, nous faisons fabriquer ce tandem sur-mesure, la différence de taille entre nous n’étant img_20161112_163314481_hdrpas négligeable. Et, paraît-il, un vélo adapté à sa morphologie, c’est la garantie d’avoir moins de douleurs, notamment aux fesses, conseil d’experts – nous espérons pouvoir leur donner raison au bout de quelques centaines de kilomètres. Tous nos membres et segments ont donc été mesurés. Verdict : Victor a les jambes sacrément bancales, Mathilde a les épaules de Teddy Riner et l’avant-bras gauche plus long que le droit.
Première hésitation, mais nous décidons de continuer l’aventure malgré ces handicaps. Les fabricants de tandem démontables et sur-mesure ne sont pas vraiment légion. Nous nous tournons donc rapidement vers un artisan français d’Île-de-France, Cycles Pierre Perrin, situé à Egly (91). Chaque élément du tandem a été choisi minutieusement en fonction de sa forme, son matériau, sa résistance, son poids, son ergonomie, son confort… Heureusement qu’on avait potassé des sites de vélo avant de devoir faire tous ces choix ! Le tandem est actuellement en cours de fabrication. Aux dernières nouvelles, un fournisseur de pédaliers aurait fait faillite, mais nous préférons ne pas y penser. Mathilde est prête à se sacrifier et à faire le voyage sans pédales. Nous attendons donc notre tandem avec impatience et avons hâte de traverser l’Eurasie sur notre monture Made in France.

Le reste du matos : nos précédentes escapades à vélo ou en sac à dos nous ont appris que chaque gramme compte… Nous lisons des kilomètres de pages de catalogues et de tests de matériel sur internet et nous comparons tout. Nos choix s’arrêtent petit à petit et notre remorque se remplit doucement mais sûrement de ce (très) précieux matériel. Pour l’instant nous avons :

  • p1030394une remorque en carbone de 140 litres, légère, robuste, étanche et mono-roue, testée et approuvée par de nombreux tourdumondistes (Victor en est amoureux, elle trône au milieu du salon, ce n’est pas très pratique vu la surface de notre appart mais heureusement, nous partons dans 3 mois). Là aussi, fabrication française, par un artisan des Alpes de Haute Provence.
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  • une tente autoportante, légère, spacieuse, avec une avancée pour pouvoir stocker la remorque et cuisiner à l’abri en cas de mauvais temps, et confortable (ah tu crois que c’est parce qu’on l’a testée sur le lit ?)
  • deux duvets en plumes, température de confort -10° (il faut bien ça), jumelables bien sûr, et pouvant se transformer en couvertures si besoinbivouac-001
  • un réchaud qui fonctionne aussi bien avec du gaz que de l’essence, du pétrole et même du kérosène (sait-on jamais, on n’est pas à l’abri de devoir siphonner un A380 pour faire cuire nos coquillettes)
  • une popote en inox qui comprend 2 casseroles et un couvercle/poêle (le 2 en 1 est notre meilleur ami)
  • un panneau solaire pour recharger smartphone, ordinateur et liseuse, qui sera fixé sur la remorque
  • des vêtements pour le chaud et le froid, une bonne partie en laine de mérinos, un mouton génial dont la laine maintient au chaud quand il fait froid, au frais quand il fait chaud et ne garde pas (trop) les odeurs 🙂p1030341-001
  • divers outils de réparation pour le vélo, des chambres à air, des rustines, des maillons de chaîne, tout un tas de pinces et clés, de la graisse, etc.

L’itinéraire. Nous partirons donc de Fontaine-le-Comte au sud de Poitiers, le fief de Mathilde, pour rejoindre Nouméa, fief de Victor. Après avoir traversé la France, nos pédales devraient nous mener en Allemagne, en Autriche, en République Tchèque, en Pologne, en Lituanie, en Lettonie, en Estonie, en Russie, en Mongolie, en Chine, en Birmanie, en Thaïlande, en Malaisie, en Indonésie, en Australie et enfin en Nouvelle-Calédonie. Nous avons prévu et calculé cet itinéraire en fonction de la distance que nous envisageons de parcourir en moyenne les jours où nous enfourcherons le tandem, à savoir 60 km par jour, en fonction des lieux p1030490d’obtention des visas, des postes de frontières terrestres, de la durée de séjour maximale autorisée dans les différents pays et en fonction des hivers russe et mongole que nous aimerions si possible éviter. Enfin ça, c’est le plan. Dans la pratique, ça se passera sûrement autrement.

Il s’agira donc d’être en forme pour le départ : la fin de l’hiver aidant, nous reprenons nos vélos pour nous rendre au travail le plus souvent possible. Nous prévoyons également une semaine d’entrainement entre Paris et Poitiers début mai pour tester tout notre matériel et se chauffer un peu les mollets. Périple à découvrir dans notre prochain article !

Pourquoi ce voyage ?

Déjà plusieurs années que nous vivons et travaillons à Paris… et l’idée est venue peu à peu de se lancer dans un grand voyage…

Pourquoi maintenant ? Car nous sommes en forme et avons mis assez de côté pour l’aventure !

Pourquoi à vélo ? Car c’est (un peu) moins cher qu’un van électrique (notre première idée) et surtout car c’est le moyen de transport idéal selon nous pour voyager :

  • partir à vélo, c’est faire le choix de la lenteur, ce qui permet de renouer avec le rythme de vie initial de l’être humain, ou du moins de s’en rapprocher, et de vivre au plus près de la nature ;
  • c’est un moyen de transport qui permet une plus grande autonomie que les trains, les bus, les avions, etc. et offre donc plus de flexibilité et de liberté ;
  • le vélo est avant tout un sport, nous serons notre propre moteur ;
  • c’est un mode de transport non polluant, et ça, c’est important pour nous (à condition de ne pas engloutir 2 steaks par jour pour compenser les efforts) ;
  • le vélo permet un « tourisme alternatif » qui s’inscrit dans la continuité, à vélo on voit tout ce qu’il y a à voir sur le chemin, on ne voyage pas en pointillés en sautant d’un bus à l’autre pour aller voir la prochaine attraction touristique ;
  • c’est un générateur de rencontres : le vélo, et à plus forte raison le tandem, suscite la curiosité, rend plus accessible et favorise le contact avec les populations croisées en chemin ;
  • c’est un mode de transport qui nous oblige à ne transporter que le nécessaire et nous permet d’avoir toujours notre maison avec nous.

Pourquoi un tandem ? Pour ne pas avoir à se chercher du regard, pour ne pas s’attendre l’un l’autre à chaque carrefour, pour ne pas se perdre, pour découvrir les choses au même moment, pour tirer notre remorque ensemble, pour partager l’effort.

Pourquoi Poitiers ? Car nous nous marions là-bas le 10 juin, car notre tandem y sera et car c’est là où a grandi Mathilde.

Pourquoi Nouméa ? Car c’est là où a grandi Victor, car il y a des mangues et des litchis sur les trottoirs et car c’est l’un des plus beaux endroits sur terre – ça nous motivera pour pédaler !